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06 avril 2016 – 06 février 2017 : même pas une seule maternité ou école construite
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06 avril 2016 – 06 février 2017 : même pas une seule maternité ou école construite

06 avril 2016 – 06 février 2017 : même pas une seule maternité ou école construite

Que laissera dans l’histoire celui qui nous sert actuellement de président ? Pas grand-chose de positif, après dix mois de gouvernance ! Le bilan est catastrophique, car le gouvernement accumule les échecs sur tous les plans : celui du chômage, de la créations d'emploi, de l’économie, de la santé, de l’éducation, de l’autonomisation des femmes, des grands travaux, de l’énergie, de la sécurité, de la promotion de l’excellence, de la justice… Sur plusieurs indicateurs clés, les résultats du chef de l'État sont désastreux. Ce n’est pas les opérations de déguerpissement et la restriction des libertés d’expression, de foi et de religion (pour divertir le peuple à d’autres fins) qui changeraient la donne. Il lui faut se mettre au travail pour inverser la tendance.

 

En dehors des «suspensions, annulations, suppressions et destructions» des acquis sociaux, depuis dix mois, aucun n’acte concret n’est posé sur le terrain. Même pas une petite maternité, un dispensaire, une école encore moins une adduction d’eau villageoise. Au lieu de faire preuve d’humilité, d’assumer leur échec et de trouver de vraies solutions pour combler les attentes des Béninois, les autorités du «Bénin Révélé» font preuve de mauvaise foi et multiplient les erreurs, les unes après les autres. Malgré l’adoption du Programme d’Actions du Gouvernement, la naviguent à vue continue.

En effet, le gouvernement ne semble pas savoir dans quelle direction avancer. Plusieurs dossiers font du surplace. L’improvisation et la déroute de ce gouvernement se font également sentir dans des dossiers sensibles. Le rétropédalage est récursif dans les ministères (ministère de l’agriculture, ministère de l’enseignement secondaire et récemment au ministère de l’enseignement primaire avec les enseignants). D'où l'impression de totale improvisation.

Plusieurs services publics sont aujourd’hui paralysés. Les travailleurs commencent par hausser le ton pour dénoncer le laxisme du gouvernement qui paraît «impuissant» et «incapable» d’apporter des solutions aux difficultés subies au quotidien par la population. De plus en plus, ils dénoncent ses actions sans «cohérence» et sans «solidarité» entreprises au niveau des ministères, sociétés et offices d’Etat.

Sur le plan social, «c’est la catastrophe même», constate Paul Essè Iko, Secrétaire Général de la Cstb. Le volet social est donc ignoré. Les travailleurs ne savent plus à quel saint se vouer pour préserver leurs acquis, le président de la République étant déterminé à «réduire le nombre de fonctionnaires» dans l’administration publique.

Sur le plan de la promotion de l’excellence, c’est la grosse déception. Les promesses électorales n’engagement réellement que ceux qui y croient. L’homme qu’il faut n’est pas mis à la place qu’il faut. Le clientélisme est érigé en système de gouvernance. Des personnes ayant des démêlés avec la justice ou qui ont été déjà condamnées par la justice sont promues.

S’agissant du secteur de la justice, ses décisions sont bafouées. Depuis le 06 avril 2016, au moins trois importantes décisions de justice sont ignorées par l’exécutif : Affaires FBF et Eglise méthodiste.

Mais l’économie est sans doute le plus grand fiasco du gouvernement. Une courbe du chômage qui monte d’un cran, un secteur privé en pleine déconfiture, le renforcement du monopole dans la filière coton et dans d’autres secteurs au profit d’une seule personne, la baisse des recettes de l’Etat, les marchés gré à gré illégaux qui plombent l’économie…

C’est dire qu’en dix mois, le gouvernement n’a pas bougé. Ses défenseurs citent, comme acquis, l’annulation des concours, la désignation des chefs-lieux de départements, la nomination de nouveaux préfets, la suppression de décrets et d’institutions rattachées à la Présidence… Mais ils oublient de dire à la face du monde que depuis le 06 avril 2016, aucune mesure touchant directement la vie des Béninois n’a été prise. Tous les actes posés qui ont une incidence financière sont liés au coton, la filière du Chef de l’Etat qui détient le monopole sur tout. Plusieurs dizaines de milliards de F Cfa sont déjà décaissés au trésor public. «La rapidité avec laquelle il a remis en selle les structures victimes de sa brouille avec Boni Yayi entretient la suspicion : levée des réquisitions sur six usines de la Sodeco (dont il était l’actionnaire majoritaire) et remboursement des 12 milliards de F CFA (environ 18,3 millions d’euros) d’indemnités dues par la société d’État Sonapra; retour de l’Association interprofessionnelle du coton (AIC, qui fut dirigée par Mathieu Adjovi); relance de l’activité du port sec d’Allada (géré par la société Atral d’Eustache Kotingan); retour programmé de Bénin Control, société chargée dès 2011 de vérifier les importations et exportations au Port autonome de Cotonou (Patrice Talon en était l’actionnaire majoritaire avec Olivier Boko; il lui a cédé l’intégralité de ses parts)», rappelle le Magazine «Jeune Afrique», qui poursuit : «Le chef de l’État assume : «Fallait-il laisser la filière coton dans cet état de déconfiture ? Empêcher les privés, qui savent mieux faire que l’État, de reprendre leur place simplement par pudeur ? J’ai hâte de réparer ce qui est réparable, et je le fais avec bonne foi.» Effectivement, il le fait avec «bonne foi». Ce qui a conduit à d’autres décaissements au niveau du trésor public, dont 19,5 milliards de F Cfa «au profit des producteurs», sans aucun détail, dans la totale opacité, société civile et classe politique muettes.

Patrice Talon est-il encore en capacité de retrouver la confiance des Béninois ? Rien n'est moins sûr, tant son bilan à mi-parcours donne un tableau d'une noirceur sans pareil. Une avalanche de chiffres inquiétants dans une mer d’intoxication, de désinformation et de manipulation de l’opinion publique nationale et internationale.

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