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Multiplication des actes attentatoires aux acquis démocratiques : Anselme Amoussou dénonce les dérives du gouvernement
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Multiplication des actes attentatoires aux acquis démocratiques : Anselme Amoussou dénonce les dérives du gouvernement

Multiplication des actes attentatoires aux acquis démocratiques : Anselme Amoussou dénonce les dérives du gouvernement

La situation du Bénin inquiète le Secrétaire Général de la Csa-Bénin. Anselme Amoussou est préoccupé par les dérives du régime qui marquent la fin de la démocratie au Bénin, avec à la clé, la restriction des libertés publiques, dans l’indifférence totale de la classe politique, la société civile et des médias. Sur son compte facebook, le syndicaliste a lancé un appel pressant à la mobilisation afin de sauver la démocratie béninoise.

 

Situation nationale : point de vue du SG/Csa-Bénin

 

Face aux restrictions des libertés, nous sommes coupables si nous nous taisons !!!

L’actualité béninoise vient une fois encore me replonger douloureusement, tragiquement, dans les questionnements qui sont les miens sur la pertinence du choix qui a été fait par les Béninois au mois de mars de l’année dernière.

La liste des actes attentatoires aux acquis démocratiques se multiplient dans une indifférence presque totale. Des faits révoltants et inacceptables dans un Etat de droit sont perpétrés sans intelligence apparente par un gouvernement autour duquel gravitent pourtant des personnes qui ont un long passé d’activisme en faveur des libertés publiques et individuelles.

- TODOME Stéphane, Directeur limogé de l’ORTB, gagne un recours formulé contre son limogeage. Il n’a jamais été rétabli dans ses fonctions. Or les décisions de la Cour sont sans recours et s’imposent à tous. Plutôt que de s’y conformer, les alliés du régime ont tenté dans un galimatias juridique de justifier leur décision. Et l’on a même estimé qu’en tant qu’exécutant des basses œuvres de YAYI Boni, il était mal placé pour réclamer quoi que ce soit.

- Les étudiants de l’UAC, sont victimes de dérives perpétrées par leurs responsables, le Conseil des Ministres s’empresse de dessaisir l’équipe rectorale du dossier et interdit d’activités les associations estudiantines de tous les campus du Bénin. On se souvient qu’à l’époque les étudiants se battaient pour un certain nombre de revendications légitimes relatives à leurs conditions d’études. Dans la foulée, le préfet du Littoral interdit une manifestation d’étudiant sous le prétexte que l’itinéraire dérangerait la quiétude du Chef de l’Etat.

- Le même préfet décide d’étendre l’interdiction de manifester à toute la population et sur toute l’étendue du département pour soi-disant disposer de l’attention de toutes les forces de l’ordre dans la période de l’opération de libération de l’espace public. Un arrêté est pris à cet effet.

- Le président de la HAAC décide de violer les lois de la République et de faire sceller par exploit d’huissier le siège des organes de presse un peu trop critiques vis-à-vis du pouvoir en place. Il se permet d’interdire la tenue de sit-in organisé par les professionnels des médias.

- Il est imité par le Ministre des Enseignements Maternel et Primaire qui interdit toute assemblée générale des instituteurs dans l’enceinte des écoles publiques.

- La Cour vient à nouveau de débouter le gouvernement dans le différend qui l’oppose aux anciens membres de l’ARCEP limogés et remplacés. Jusque-là silence radio de la part de l’Exécutif qui manifestement s’apprête à fouler au pied une décision de la haute juridiction.

On était en droit d’attendre mieux d’un régime dont l’avènement au pouvoir dépend du ras-le-bol du peuple béninois. Ras-le-bol consécutif justement à la liberté que prenait le régime FCBE avec les libertés publiques et individuelles. Malheureusement, la question des violations des libertés publiques est frontalement posée sous ce régime, plus encore qu’au temps funeste du régime qui a précédé celui de TALON Patrice.

Ce jour, vendredi 17 février 2017, le gouvernement s’est encore permis de faire une puissante poussée vers le summum de la violation des libertés en empêchant une conférence de presse organisée par les associations d’étudiants de se tenir dans un lieu qui se situe en dehors du champ d’application de la décision d’interdiction qui avait été prise. Interdire une conférence de presse tenue dans un hôtel privé !! Et cela se passe au Bénin près de trente ans après la conférence nationale. Forfait perpétré par un régime autour duquel on retrouve des noms comme Joseph DJOGBENOU, Orden ALLADATIN, Candide AZANNAI, Jacques AYADJI, Wilfrid HOUNGBEDJI et j’en passe.

Peut-être me dira-t-on que les libertés publiques, en tant que produit de l’histoire, demeurent une quête permanente des peuples face à un pouvoir politique, qui a toujours tendance à les restreindre. Autrement dit, que la faute ne serait point à mettre à l’actif d’un gouvernement dont la tendance naturelle s’exprime ainsi. Et qu’il faudrait le comprendre lorsque sans aucune gêne, il foule au pied tous les beaux discours de campagne car disposant de la force publique dans un pays dont les habitants sont réputés pour leur réticence à la violence. La faute serait plutôt celle de tous les citoyens et de toutes les forces politiques et civiles organisées qui se taisent et laissent le pouvoir franchir les lignes interdites étape par étape. Mais nous sommes à un seuil critique enfin. On se demande quelle est la finalité car chaque jour qui passe, dans les actes quotidiens que pose notre gouvernement, nous sentons comme une sorte d’appel à l’affrontement social avec les populations désabusées.

Quelqu’un l’a déjà dit et répété. La faute est toujours au peuple qui refuse de réagir. La faute est aux travailleurs engoncés dans leurs revendications corporatistes étriqués. La faute est aux partis politiques alignés devant l’étal pour avoir leur part de la «dépouille» de l’idéal national. La faute est aux «intellectuels» qui se perdent dans des combats individuels futiles.

Aucun gouvernement, (fût-il celui de “Agbonnon“), n’y arrivera si nous disons non et que nous l’exprimons clairement et conséquemment. Ils ne peuvent continuer ce saccage de nos acquis démocratiques si nous cessons avec notre silence complice. Leur détermination à nous faire reculer sur le plan de la jouissance de nos libertés doit rencontrer notre détermination à nous battre pour la préservation d’acquis obtenus de haute lutte. Ce totalitarisme froid a besoin d’être dénoncé individuellement et collectivement. Il y a des voix qui doivent se faire entendre dans cette situation car ce sont celles qui comptent. Celles de l’élite intellectuelle, politique et sociale. Dans certaines circonstances, un citoyen doit exercer sa capacité de résister, sa capacité de s’opposer, sa capacité de dire non. Il n’y a aucune excuse. C’est pour cela que je me permets d’interpeller des voix qui comptent dans ce pays. Des voix dont l’écho est souvent dérangeant pour les violateurs de libertés.

J’attends de voir et d’entendre le professeur Roger GBEGNONVI s’engager dans ce combat au lieu de se fourvoyer dans un règlement de comptes avec le Maire Sévérin ADJOVI. J’attends d’écouter mon cher aîné Martin ASSOGBA qui nous a habitués à donner de la voix même sur des sujets moins inquiétants. J’attends de lire les questions orales de députés comme l’excellent Éric HOUNDETE, les jeunes prodiges Guy MITOKPE et Gildas AGONKAN. J’attends de voir la réaction du brillant AMOUSSOU Constantin Président du gouvernement des jeunes. J’attends car il n’est pas tard pour réagir. Il faut que tous ceux qui nous avaient habitués à s’exprimer parlent à haute et intelligible voix. Même le Président de la République doit sortir de son silence. Le calme et la pondération devant les situations de vie font certes partie des qualités de leader. Mais le silence devant des actes aussi graves s’apparentent à de l’indifférence. Et dans ce cas le leadership incarné n’est plus de qualité.

En attendant d’être assourdis par le concert de vos protestations, je me fais le devoir de faire entendre ma petite voix de citoyen ordinaire révolté par le manque de considération pour la constitution de notre cher pays.

 

Anselme AMOUSSOU

 

«Nous avons sué eau et sang, pour faire le lit à un pouvoir qui indique déjà ses élans despotiques. Il ignore l'homme et dit travailler pour le peuple. De quoi tient-il sa philosophie, capitalisme ou socialisme? L'embrouille et l'amalgame sont de service !

Des parvenus politiques je me plains peu mais de mes camarades lutteurs devenus des suppôts de la nouvelle idéologie, j'ai à la fois peur et honte.

Ayons cependant foi que si rien n'était fait pour écouter le béninois, c'est à l'encre de Chine que les tenants du pouvoir verront leurs noms oblitérés sur les pages de l'histoire.»

 

Marius Hubert Dadjo Houégban

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