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Michel Adjaka sur Soleil Fm : «La révision était un prétexte pour travailler à un second mandat»

Michel Adjaka sur Soleil Fm : «La révision était un  prétexte pour travailler à un second mandat»

Le Président de l’Union nationale des magistrats du Bénin(Unamab) était l’invité de l’émission sociopolitique  ‘’ Le Grand rendez-vous’’ sur Soleil Fm de ce dimanche 09 avril 2017.  Au menu des échanges, le rejet de la recevabilité du projet de loi portant modification de la constitution, le bilan des 12 premiers mois de gestion du Président de la République.

 

D’entrée, le Président de l’Unamab a réagi par rapport à la sortie médiatique effectuée par le Chef de l’Etat, Patrice Talon dans le cadre du bilan de ses douze premiers mois de gestion. Pour Michel Adjaka, le Président de la République a raté l’occasion de se taire. Selon ses propos, Patrice Talon est venu réciter une leçon mal apprise puisqu'il n'y comprend rien. «Ce n'est pas quand on est Président de la République, on devient Juriste, alors le Président Talon doit savoir qu'il n'a pas la science infuse», a-t-il déclaré tout en soulignant que le souci des actuels dirigeants est d'avoir une justice taillée sur mesure contre le droit. Sur la question relative au rejet du projet de loi portant révision de la Constitution, le Président de l’Unamab estime que l'évolution de la parole présidentielle et l'équation de la méthode sont les facteurs qui ont conduit au rejet du projet par une minorité de députés, soit 22 députés toutes tendances confondues. S’agissant du bilan des douze premiers mois de gestion de l’actuelle équipe, il ressort des analyses du Président de l’Unamab que ce bilan n’est pas du tout reluisant surtout dans le secteur judiciaire. Il a dénoncé certaines réformes engagées par le gouvernement qui sont totalement en déphasage avec les aspirations profondes du peuple béninois notamment le déguerpissement des occupants dits illégaux des espaces publics. «Ce n’est pas moi qui ai cassé les gens... Au lieu de distribuer la richesse, ils ont distribué la faim, le malheur», s’est-il indigné.

 

Les vraies raisons de la révision dévoilées

 

«Quand vous avez un Président de la République qui ne veut écouter personne, qui dit qu’il veut discuter avec les députés mais qu’est-ce qui gêne dans ce qu’on lui a proposé au niveau de la commission des réformes? C’est seulement le mandat unique», a-t-il rappelé avant de souligner que «Si on sortait le mandat unique des propositions de la commission des réformes, tout passait sans aucune difficulté». Il reproche au Chef de l’Etat la méthode adoptée au sujet du mandat unique et indique qu'il(le Président de la République) était convaincu qu’il n’allait pas y arriver. «Au sortir de cette commission, aucun membre n’a remis en cause les résultats. La parole est devenue libre. A partir du moment où le mois de mars est devenu le mois de révision de la constitution et qu’on a demandé la révision au forceps, en session extraordinaire et en procédure d’urgence, tout le monde a compris qu’on veut assommer le peuple», a expliqué Michel Adjaka. Selon ses dires, la révision était un  prétexte non seulement pour travailler à un second mandat mais aussi et surtout pour remettre en scène le programme de vérification des importations (Pvi).  Par ailleurs, il rappelle que le projet vise à consacrer un déni du pouvoir de juger certaines personnes dans la République. «Ce qui n’est pas concevable et acceptable. Dans un pays démocratique, on travaille à l’élimination des privilèges», a-t-il précisé.

 

Michel Adjaka fustige l’immixtion du Fonac

 

L’invité des confrères Virgile Ahouansè et Wilfried Adoun s’est également prononcé sur le supposé achat de conscience à l’Assemblée nationale. Michel Adjaka a félicité la doyenne d’âge, Mme Rosine Vierya Soglo qui a révélé à la face du monde l’état du parlement béninois. A en croire ses propos, l’ancienne première dame doit être écoutée pour que la lumière soit faite sur ce dossier qui ternit l’image du Bénin. Il a aussi fustigé l’immixtion du Front national de lutte contre la corruption dans ce dossier. Vu la sensibilité de l’affaire, elle n’est pas du ressort du Fonac mais plutôt de la justice. «Nous sommes dans une République organisée, alors le Fonac doit disparaitre parce que le dossier n'est pas de son ressort mais plutôt du ressort de la Justice puisqu'il s'agit d'accusation», a insisté Michel Adjaka

 

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