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Débat sur la révision de la Constitution : le PLP et le PCB répondent à Adrien Houngbédji
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Débat sur la révision de la Constitution : le PLP et le PCB répondent à Adrien Houngbédji

Débat sur la révision de la Constitution : le PLP et le PCB répondent à Adrien Houngbédji

Pour le Parti Communiste du Bénin (PCB), «la constitution béninoise n’est ni un fétiche, ni une marchandise». Le porte-parole du PCB répond ainsi au président de l’Assemblée Nationale, dans un communiqué de presse parvenu à notre rédaction. Pour Jean-Kokou Zounon, «notre peuple ne s’oppose pas à la révision de la Constitution qui pour lui, n’est pas un fétiche; il s’oppose à ce que des politiciens qui, comme Adrien Houngbédji, ont déclaré que pour eux désormais, la politique c’est la recherche du gain, se servent de la Constitution comme d’une marchandise pour atteindre leurs funestes desseins.»

De son côté, face à la presse nationale et internationale, hier au Codiam, le Secrétaire Général du Parti pour la Libération du Peuple (PLP) a invité Me Adrien Houngbédji a tiré les leçons du rejet du projet de loi portant modification de la Constitution. «Deux raisons militent en faveur de la démission du président de notre parlement : l’échec de la révision puisque c’est lui qui avait piloté le dossier, c’est un révisionniste bon teint, et les accusations de corruption de députés révélées par les députés Rosine V. Soglo et Basile Léon Ahossi. Ces deux raisons sont largement suffisantes pour qu’il donne le bon exemple dans une démocratie accomplie. Malheureusement, il s’accroche allant jusqu’à regretter le camouflet infligé au chef de l’Etat», a déclaré Cécil Ahouélété ADJEVI.

 

 

Communiqué du PCB

 

La constitution béninoise n’est ni un fétiche, ni une marchandise

 

Dans son intervention le 10 avril 2017 lors de l’ouverture de la première cession de la 7ème législature, Adrien HOUNGBEDJI a déclaré : «''Une historique fièvre'' s’est emparée du pays après le rejet du projet de nouvelle Constitution. ''(...) De cette fièvre, nous devons tirer la leçon que le peuple béninois demeure attaché à la Constitution du 11 décembre 1990. Un attachement émotionnel qui frise le fétichisme, qui frappe de suspicions, toute initiative de révision et qui condamne à l’échec toute tentative de révision, et qui malheureusement laisse sans solutions les problèmes réels (tels que) la peine de mort qu’il faut abolir ; la Haute cour de justice qu’il faut rendre opérationnelle ; la Cour des Comptes qu’il faut créer; la représentation des femmes dans les instances de décision qu’il faut améliorer et la réforme de notre système partisan", Toutefois, Me Adrien Houngbédji dit garder espoir que la ''fièvre tombée, le peuple béninois trouvera un jour, les voies qui lui permettront d’accomplir les réformes constitutionnelles indispensables à son développement''. Cette déclaration d’Adrien HOUNGBEDJI appelle plusieurs remarques

1-. Que la Constitution du 11 décembre 1990 nécessite des retouches, tout le monde en convient ; certains conviennent même qu’il en faut une autre compte tenu de l’évolution de notre pays et des avancées de la situation internationale et de l’éthique aujourd’hui. Le Parti Communiste du Bénin est de ceux-là. Nous avons rappelé dans une autre déclaration que le premier pourfendeur de cette Constitution parmi les ténors de la Conférence Nationale, fut le Président AHOMADEGBE qui déclarait ceci : «Les intellectuels à qui nous avons confié la rédaction de la Constitution n’ont sorti rien de bon de leurs crânes ; ils n’ont fait que recopier la Constitution française élaborée par de Gaulle qui est un dictateur ; si un jour, un Président ne veut en faire qu’à sa tête, notre peuple est foutu.»

2- L’attachement émotionnel à la Constitution qui frise le fétichisme dont parle Adrien HOUNGBEDJI, n’existe que dans sa tête. Toutes les tentatives de révision que le peuple a rejetées jusque-là, ont été des tentatives de révision opportunistes c'est-à-dire intéressées. KEREKOU a voulu modifier la Constitution en 2005 pour faire un troisième mandat ; le peuple s’y est opposé. En 2014, YAYI BONI a voulu modifier la Constitution pour faire un troisième mandat ; notre peuple s’est encore opposé. Tout dernièrement, Patrice TALON, assuré du soutien de députés stipendiés comme l’a déclaré la doyenne Rosine SOGLO, voulait constitutionnaliser ses pratiques autocratiques et mercantilistes ; notre peuple s’est encore opposé.

3- Notre peuple ne s’oppose pas à la révision de la Constitution qui pour lui, n’est pas un fétiche. Il s’oppose à ce que des politiciens qui, comme Adrien HOUNGBEDJI ont déclaré que pour eux désormais, la politique c’est la recherche du gain, se servent de la Constitution comme d’une marchandise pour atteindre leurs funestes desseins.

4- La Constitution du 11 décembre 1990 sera révisée et même changée. Ca, le peuple le sait. Elle le sera au cours d’Assisses où le peuple assemblé discutera de ce qui est  bon ou mauvais et établira les règles fondamentales d’un nouveau vivre ensemble.

5- En dehors de cela, tout autocrate qui voudra constitutionnaliser ses lubies dans la Constitution, ou tout commerçant qui voudra se servir de la Constitution pour augmenter son patrimoine trouveront notre peuple sur leur chemin. A bon entendeur salut.

 

Cotonou, le 12 avril 2017

                       Pour le Parti Communiste du Bénin

                                                       Le Porte-parole

                                                       Jean Kokou ZOUNON

 

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