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Contrôle du permis de construire dans la ville de Cotonou: l’appel du maire Isidore Gnonlonfoun aux populations

Contrôle du permis de construire dans la ville de Cotonou: l’appel du maire Isidore Gnonlonfoun aux populations

Dans un communiqué rendu public il y a quelques jours, la Municipalité de Cotonou a annoncé le démarrage d’une opération de contrôle des permis de construire. C’est dans ce cadre que nous avons rencontré le Maire par Intérim de la ville de Cotonou Isidore GNONLONFOUN qui revient dans cet entretien sur l’objectif visé par cette réforme et invite ses concitoyens à observer une discipline librement consentie. (Lire l’intégralité de ses propos).

 

 

 

Nous sommes avec vous pour parler d’une réforme que vous avez initiée. Il s’agit du contrôle des permis de construire dans la ville de Cotonou. Alors, dites-nous pourquoi la Mairie a-t-elle décidé de lancer une telle opération ?

 

Merci monsieur le journaliste. Je dois vous dire que le Maire de la Ville de Cotonou se trouve dans son rôle de garant de la police administrative. Vous vous souvenez que dans le quartier Finagnon à Akpakpa, il y a eu effondrement d’un immeuble. Dans une ville, pour réaliser un bâtiment soit à destination d’habitation ou à destination commerciale ou encore industrielle, il faut respecter les normes d’urbanisme en la matière. Il faut remplir les conditions sanitaires et hygiéniques et dans le même temps, faire en sorte que les citoyens puissent circuler en toute sécurité. Lorsque par exemple, il y a eu cet effondrement d’un immeuble à Akpakpa, heureusement que cela s’est passé à une heure où il n’y avait pas de circulation sur la voie. Sinon, il y aurait eu plus de dégâts que ce qui a été constaté. Le maire peut être interpellé par rapport à une maison qui menace ruine. Donc, c’est pour prévenir tout cela et vérifier que les citoyens sont dans les conditions sanitaires et hygiéniques minimales requises que nous avons initié ce contrôle pour amener nos concitoyens à se conformer aux règles en  la matière. Donc, le but principal, c’est d’amener nos citoyens au civisme en matière d’autorisation de construire ou encore de permis de construire. Voilà l’objet principal.

 

Quels sont les types d’immeubles concernés par cette opération

 

 Il faut dire que pendant longtemps, l’occupation du sol ou la gestion du sol dans la ville de Cotonou n’a pas été maitrisée. Mais, il vaut mieux tard que jamais pour essayer de rattraper. Normalement en zone résidentielle aujourd’hui, nous devons avoir des maisons R+2 et dans la zone portuaire, les hauteurs ne doivent pas dépasser R+2. Dans certaines zones comme les zones commerciales ou zones supposées être  industrielles, on peut avoir des bâtiments d’une certaine hauteur mais en zone d’habitations, les normes en la matière c’est des maisons de type R+2. Aujourd’hui, c’est de faire en sorte que lorsque quelqu’un veut ériger désormais un bâtiment dans la ville, que la règle d’urbanisme en cette matière soit observée. C’est vrai que le conseil des ministres a pris des décisions en la matière et aujourd’hui on ne peut pas systématiquement décider d’aller détruire des bâtiments d’une certaine hauteur. Mais, pour ce qui reste, c’est de faire en sorte que nos concitoyens se conforment à cette règle. Même dans d’autres capitales, la couleur de la peinture est prévue par les règles d’urbanisme et lorsque vous voulez construire votre maison, on vous indique les matériaux et même la couleur de la peinture. Vous allez à Paris par exemple, vous ne pouvez pas passer la couleur de peinture de votre goût.  C’est ce qui est prévu par les autorités municipales que vous observez. Vous vous conformez à cette règle pour respecter les normes en la matière. Vous voyez que les habitations n’ont pas de niveau uniforme à Cotonou alors que dans certaines villes, vous allez voir que dans certaines zones, les hauteurs sont  équivalentes et ne dépassent pas une certaine norme. Il y a des zones de type R+2, des zones de R+4 et il existe aussi des zones de building comme on le dit. C’est pour que nous habituons nos concitoyens à ce qui est normal en matière d’urbanisme.

 

L’initiative est salutaire mais quelle politique la municipalité entend mettre en place pour résoudre définitivement ce problème ?

 

C’est vrai que nous avons un seul niveau de décentralisation symbolisé par les communes. Mais les communes sont démembrées en arrondissements et les arrondissements sont démembrés en quartiers de ville ou de villages. A Cotonou, on parle de quartier de ville et d’arrondissements. Les arrondissements et les quartiers sont ce que nous appelons les unités administratives aux termes des dispositions de la loi 2013-05 du 14 mars 2013 portant création, attribution et organisation des unités administratives en République du Bénin. Donc la commune, pour un fonctionnement optimal doit se baser sur le fonctionnement des conseils d’arrondissement et des conseils de quartiers. Dans le cadre de la réforme dans ce secteur, nous avons décidé de respecter la règle en la matière, d’associer les élus locaux, d’associer les élus municipaux, c’est-à-dire le conseil de quartier et le conseil d’arrondissement. Puisqu’à partir du quartier déjà, lorsqu’un immeuble est en construction, les élus locaux peuvent vérifier si les formalités en la matière sont respectées. Le Chef d’arrondissement est là pour superviser le travail qui est fait par les élus locaux de même que les élus municipaux. Donc la méthode que nous avons mise en place doit nous permettre systématiquement de vérifier que ceux qui entreprennent des constructions ont fait les formalités requises en la matière. Ce qui se faisait entraine beaucoup de rançonnements. Je pense qu’aujourd’hui il vaut mieux responsabiliser les élus locaux, les élus municipaux et les Chefs d’arrondissement pour que le travail soit beaucoup plus facilité et que systématiquement, tout le territoire de la ville soit quadrillé en matière de contrôle dans ce secteur.

 

Avez-vous un appel à l’endroit de vos concitoyens ?

 

Nous ne sommes pas là pour créer des problèmes ou des tracasseries à nos concitoyens. Tout ce que nous leur demandons, c’est de nous aider à les aider parce que même dans le cadre des perceptions des impôts sur l’immobilier, le fait pour un citoyen de recourir à une autorisation de construire fait que l’Etat est informé qu’il entreprend une construction. Et je pense qu’il bénéficie d’un temps de répit avant que l’on ne puisse lui demander de payer les impôts sur l’immobilier. Donc nous voulons saisir cette occasion pour lancer un appel à tous nos concitoyens de se conformer à la règle parce qu’il y a souvent des amendes. Lorsque vous entreprenez un chantier sans introduire une demande d’autorisation de construire, ça donne lieu à des payements d’amendes. Au lieu de payer de simples frais, vous êtes obligé de payer des frais supplémentaires lorsque vous démarrez une construction sans autorisation. Nous voulons que ça soit une discipline librement consentie. Je voudrais donc demander aux concitoyens qu’avant d’entreprendre une construction, de se référer d’abord à l’architecte pour que les règles minimales en la matière soient respectées. Aujourd’hui, on voit dans nos quartiers qu’il y a des centres de santé où les bâtiments ne sont pas aérés, où on met les lits des malades dans des salles très restreintes sans aération et autres. Ce qui complique davantage la situation de ces malades. L’Etat étant garant de la tranquillité publique, nous devons veiller à tout ça. C’est pourquoi nous souhaitons que les citoyens puissent librement observer les règles en la matière et nous éviter d’aller sur les chantiers pour arrêter les travaux et les astreindre aux paiements des amendes.

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