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Amateurisme, improvisation et arrogance au sommet de l’Etat : Talon et sa délégation se font humilier à Paris

Amateurisme, improvisation et arrogance au sommet de l’Etat : Talon et sa délégation se font humilier à Paris

La délégation gouvernementale et présidentielle a été sérieusement malmenée en France dans le cadre de la «visite de travail» du chef de l’Etat. L’agenda présidentiel n’a pas été respecté à la lettre. Les choses ont tourné au vinaigre. Patrice Talon n’a pas pu voir son homologue Emmanuel Macron et le président du patronat français Pierre Gattaz. Ce dernier a préféré aller se reposer, comme tous les vendredis, en province. La honte était totale. L’humiliation était grande. Une première dans l’histoire du Bénin.

Sur cette visite ratée, le chef de l’Etat, à défaut d’avoir de bonnes raisons pour se justifier, aurait dû se taire pour ne pas entretenir la polémique. Ses propos confirment la thèse qu'aucune invitation officielle de l'Elysée n'avait pas été adressée au Bénin. Sans attendre la réponse de l'Elysée, il s'est empressé de se rendre en France pour son check up sanitaire masqué dans une visite officielle. S’«il n'y a rien d'urgent» comme il l’a dit à ses compatriotes de la diaspora, pourquoi cherche-t-il à voir Macron à tous prix ? Comment justifier maintenant toute la propagande faite autour de cette «visite de travail», «La France engagée à soutenir le PAG» avec tout le déploiement logistique et communicationnel observé ? Comment «le calendrier du Président Macron n'a pas pu cadrer» avec ses «heures de disponibilité» alors que c’est lui qui a demandé à être reçu ?

Le Parti pour la Libération du Peuple (PLP) exige des explications.

 

 

Communiqué de presse du Parti pour la Libération du Peuple

 

06-10-17-18h21 : Dans un communiqué de presse en date du 1er octobre 2017, le Secrétaire Général du Ministère des affaires étrangères et de la coopération, l’ambassadeur Marc Hermanne Araba, a annoncé une «visite de travail en France» du président de la République, Monsieur Patrice Talon, du «02 au 09 octobre 2017», «à l’invitation de son Excellence Monsieur  Emmanuel Macron, président de la République française».

Le même communiqué de presse précise qu’au cours de son séjour, le chef de l’Etat aura un entretien avec son homologue français. Cette rencontre devait se tenir le 3 octobre 2017 à l’Elysée.

Des échanges avec des chefs d’entreprises du Mouvement des entreprises de France (Medef) sont inscrits dans l’agenda présidentiel. Une rencontre avec la communauté béninoise vivant en France est également prévue.

Le bilan à mi-parcours de cette «visite de travail» est décevant. Le 3 octobre 2017, tous les Béninois ont attendu en vain le fameux entretien, annoncé à grand renfort médiatique depuis des jours dans la presse nationale et internationale, entre les présidents Patrice Talon et Emmanuel Macron. Sur le site internet officiel de l’Elysée, l’agenda du chef de l’Etat français, du 2 au 9 octobre 2017, ne mentionne aucune rencontre avec le président béninois.

Le rendez-vous avec les responsables du Medef a également viré au fiasco. Selon les informations relayées par La Lettre du Continent N° 761 du 06/10/2017, «les adhérents du Medef ont été poliment priés de finir leur croissant, leur café, et de s’éclipser. Du jamais vu !». La Lettre du Continent précise : «Après trois quarts d’heure d’attente et ne voyant venir aucun officiel, les responsables du Medef se sont enquis de la situation auprès de l’ambassadeur du Bénin en France, Auguste Alavo. Pris au dépourvu, ce dernier leur a rétorqué que la délégation ne viendrait finalement pas. Motif invoqué : l’absence à cette rencontre de Pierre Gattaz, président du Medef. Comme tous les vendredis, ce dernier est en province».

La non tenue de ces rencontres sonne comme un camouflet d'une grande brutalité diplomatique pour le gouvernement béninois et pour le chef de l’Etat en personne. Ce cuisant échec pour la diplomatie béninoise confirme clairement l’amateurisme et l’improvisation au sommet de l’Etat.

La diplomatie a ses règles qui n’ont rien à voir avec la ruse, la rage, l’arrogance, le cynisme, la victimisation et les complots contre les opposants. Lorsqu’une règle du jeu diplomatique est violée ou ignorée, la conséquence est immédiate. Et c’est le cas actuellement avec l’humiliation subie par la délégation présidentielle et gouvernementale en France.

Cette situation vexante pour notre Nation mérite des explications claires de la part du Gouvernement béninois.

Le Parti pour la Libération du Peuple (PLP) exige des clarifications et des mesures appropriées à l’encontre de toutes les autorités à divers niveaux impliquées dans la préparation de cette «visite de travail».

 

 

Le Secrétaire Général, porte-parole

 

Cécil Ahouélété ADJEVI

 

 

Talon s’explique et s’enfonce totalement

 


«J'ai programmé de venir à Paris depuis un temps. Certains ont dû être informés que j'ai dit qu'il était temps que je rencontre la communauté béninoise de France et de ses environs. Ça a été pour moi une préoccupation majeure depuis quelques temps, et j'ai voulu le faire à la fin du mois dernier (je ne sais pas si vous avez été informés). Mais, quelque chose détermine mon calendrier, c'est mon contrôle médical, mon suivi. Les rendez-vous n'ont pas pu être fixés dans la dernière semaine du mois de septembre, et c'est dans cette période ci que les rendez-vous ont pu être calés. Et c'est pour cela que j'ai déplacé l'entretien avec vous (ça devrait être le 30 septembre je crois, je l'ai déplacé à aujourd'hui 7 octobre).

Pendant mon séjour de Mai-juin, j'ai eu un message de l'ambassade de France au Bénin, qui me faisait savoir "est-ce que durant mon séjour, je souhaitais rencontrer le Président élu (français).
Mon état de santé ne m'a pas permis de répondre favorablement. Puis après, j'ai eu un deuxième séjour. Et je me suis dit à l'occasion de mon troisième séjour, il serait quand même convenable que j'indique que je suis sur le territoire français et que je souhaiterais saluer le chef d'État français, et voir s'il est possible de programmer une visite de travail.

J'ai demandé au Ministre des Affaires Étrangères, d'adresser la note verbale, à travers le circuit dédié (Ce qui a été fait). Nous avons reçu une réponse de l'ambassade de France, qui a pris acte de la date de mon séjour en France, pour diverses raisons, séjour pendant lequel j'ai exprimé alors le souhait de rencontrer le Président français. Elle nous a répondu en disant que le Président français verrait dans cette période, sa disponibilité pour une rencontre, rencontre même si on peut la qualifier de rencontre de courtoisie, en diplomatie, au plus bas de l'échelle, on l'appelle visite de travail. Visite de travail, ça peut faire l'objet d'une rencontre avec des dossiers bien préparés à l'avance, ou bien sans préparation et en ce moment, on ne dit pas grand chose, mais c'est qualifié de visite de travail, pour ne pas dire diplomatiquement, visite de courtoisie.

Puis les jours sont passés et à la veille de mon arrivée ici, l'ambassadeur du Bénin en France a également relancé le Quai d'Orsay pour dire "le Président de la République arrive comme prévu dans cette période, si l'Élysée était disponible, on peut trouver un créneau". Je suis arrivé, mon emploi du temps a été demandé, je l'ai communiqué. Quels sont les jours où je suis disponible, quels sont les jours où je ne suis pas disponible...
Mais il me semble que malheureusement, le calendrier du Président Macron n'a pas pu cadrer avec mes heures de disponibilité, et cela n'a pas pu se faire.

Mais nous avons... je dois vous avouer que nous avons échangé (avec le Président français), et la programmation d'une visite de travail selon nos calendriers est en discussion pour voir quelle serait la période la plus convenable pour que cette visite ait lieu dans les conditions qu'on veut.

Vous savez, actuellement, chacun a ses braises hein (Rires dans la salle). Chacun a ses braises, et je ne peux pas imposer au Président français de trouver le calme, la lucidité, le temps qu'il faut pour me recevoir, alors que moi j'ai programmé ma visite ici sans tenir compte de son calendrier. Surtout qu'il n'y a rien d'urgent, il n'y a pas un problème de sécurité, de manière que nos intérêts communs sur un problème particulier exigent qu'on se voit pour en parler, comme ce fut le cas avec le Niger, la Côte d'Ivoire, sur lesquels certains sont venus en débattre ici et nous avons eu les retours.

Alors comme tout est objet à sensation, on dit "Le Président du Bénin vit en France, il doit faire une visite de travail, il a été annoncé, puis le ministre des affaires étrangères et l'ambassadeur n'ont pas fait leur job; ils n'ont pas pu trouver un créneau... C'est vrai que si on apprend que je viens et que j'ai souhaité rencontrer le Président et que ça ne se fait pas, ça peut paraitre bizarre. Est-ce que le Président français a du mépris pour le Président du Bénin? N'a t-il pas du temps à ce point pour le recevoir pour qu'ils se disent bonjour pour que l'opinion voit ?

Mais vous savez, je suis quelqu'un de très pragmatique et je crois qu'il l'est autant. Et que parfois, pour certaines personnes, les affichages ne sont pas utiles. En tout cas, pour ma part, j'ai exprimé aux autorités françaises, tous mes sentiments de reconnaissance pour l'hospitalité ici pendant mon exil. Quand je viens ici, je bénéficie de tous les soins, sécurité, tout ce qu'il faut. Les services français sont disponibles pour tout ce qu'il y a à faire.

Il était de bon ton de dire en bon africain, vous avez souhaité (parce que c'est eux qui ont exprimé me rencontrer durant mon premier séjour). Diplomatiquement (je l'ai dit tout à l'heure), j'étais sur le territoire, il est disponible pour me recevoir, je n'étais pas disponible; maintenant je le suis et je suis à Paris à nouveau. Si je ne l'avais pas exprimé, ce ne serait pas convenable ! Maintenant, nous allons trouver (les ministres vont coordonner les calendriers) pour que ça se fasse, mais je vous dis une chose, il n'y a aucun problème, aucune ombre dans nos relations et j'ai échangé avec lui pendant mon séjour.»

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